La création comme voix d’expression et de guérison?

Si vous me connaissez vous savez déjà que mon parcours de guérison du cancer a inspiré diverses créations artistiques.

Podcast, Livre disque ou encore spectacle…

Il y a des choses que l’on ne sait pas toujours dire. Alors parfois, on les écrit. On les enregistre. On les joue. On les transforme.

C’est peut-être ce que je raconte le mieux dans cette conversation avec le podcast lanomalie : comment la création est devenue pour moi une voie d’expression, et finalement une manière de traverser ce que je vivais.

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Au départ, il n’y avait pas de projet artistique

Quand j’ai commencé à enregistrer ce que je vivais pendant mon cancer du sein, je ne me suis pas dit que j’étais en train de créer une œuvre. Je cherchais simplement une façon de raconter. De garder une trace. De donner des nouvelles à mes proches sans avoir à répéter constamment ce qui m’arrivait. J’ai donc commencé par un journal intime audio. Et puis quelque chose s’est passé. Les mots ont commencé à prendre leur place.

Ce qui était au départ une nécessité personnelle est devenu Histoires de seins, un podcast dans lequel je racontais mon parcours, la maladie, les traitements, mais aussi tout ce qui se joue autour : le corps, les émotions, les peurs, les relations aux autres.

Sans vraiment le préméditer, je venais de trouver une forme.

Mettre des mots, c’est déjà transformer

Ce que la création permet, dans ces moments-là, c’est peut-être de ne plus être uniquement celle à qui les choses arrivent.

On peut reprendre un peu la main. Choisir les mots. Choisir ce que l’on raconte. Décider comment on raconte une expérience qui, elle, nous a parfois échappé complètement.

Dans l’épisode, je parle de cette idée qui m’accompagne beaucoup : exprimer une émotion permet aussi de la réguler.

Écrire, raconter, jouer, ce n’est pas seulement « se vider ».

C’est donner une forme à quelque chose qui, à l’intérieur, peut être informe, immense, parfois même impossible à regarder en face.

Et cette forme change tout.

De l’intime au spectacle

À force d’écrire et de raconter, une évidence est apparue : j’allais en faire un spectacle.

Je me souviens de ce moment où j’ai su que l’écriture ne resterait pas simplement dans mes carnets ou mes enregistrements.

Elle allait monter sur scène. C’est assez vertigineux, finalement. Prendre une expérience aussi intime que la maladie et la faire entrer dans un espace artistique. Faire passer le vécu par le théâtre. Passer du « je » à quelque chose qui puisse résonner chez les autres.

Parce que la création permet ça aussi : transformer une expérience singulière en expérience collective.

De la maladie à une nouvelle façon d’agir

Aujourd’hui, cette place donnée à l’expression dépasse ma propre histoire.

Elle nourrit aussi mon travail de patiente partenaire et les ateliers de théâtre forum que je mène autour de la relation entre patients et soignants.

Le théâtre devient alors un autre espace de dialogue. On peut jouer une situation. La regarder. La rejouer autrement.

Se mettre à la place de l’autre. Et soudain, ce qui semblait compliqué à expliquer avec des mots devient visible.

C’est aussi pour cela que je crois autant à la création comme outil de transmission. Parce qu’elle ne donne pas seulement à comprendre. Elle donne à ressentir.

Une conversation sur le pouvoir de raconter

C’est finalement ce qui me plaît dans cette conversation avec lanomalie. On parle évidemment de cancer du sein, de traitements et de l’après-cancer. Mais on parle surtout de ce que l’on fait de ce qui nous arrive. De la manière dont on peut retrouver une voix quand la maladie a parfois pris énormément de place. Parfois on ne trouve pas tout de suite mais on fait de notre mieux, et c’est bien cela qui compte le plus.

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